TABLE RONDE

Reputation : comment restaurer l’image de la pharma ?

table-ronde-leem-fcsante2016-800x533

Crédit Photo : Artgraph Painter

Table ronde organisée en partenariat avec le LEEM

57 mn

Les Français reconnaissent l’efficacité des médicaments et affichent un niveau de confiance élevé. Mais la bonne appréciation du produit ne bénéfice pas au producteur : les laboratoires font l’objet de critiques. Quelles mesures prendre pour améliorer la réputation d’un secteur qui sauve pourtant des vies ?

Table ronde animée par Éric DE BRANCHE, Directeur de la Communication du Leem

Eric-de-Branche

Eric de Branche

Directeur de la Communication – Leem

Biographie

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP) et du Centre de Formation des Journalistes (CFJ).
Éric de Branche a rejoint le Leem en 2010, l’organisation professionnelle qui fédère l’ensemble des entreprises du médicament en France (270 adhérents qui emploient 100 000 collaborateurs).

Participants

Carole Avril

Directrice générale de la Fédération française des diabétiques

Jean-Yves Lecoq

Vice-Président & Secrétaire-Général Laboratoires GlaxoSmithKline France

Pr Grégoire Moutel

Président du Comité de Déontoviligance du Leem

Benoit Thieulin

Fondateur et directeur de l’agence d’innovation numérique La Netscouade

Quelques extraits des interventions :

  • Selon les études la confiance dans les médicaments est de 85% en France mais celle dans les laboratoires pharmaceutiques est bien moindre. De multiples raisons expliquent la méfiance : scandales sur les vaccins, études controversées sur les effets secondaires des vaccins et de certains médicaments, coût des traitements ou encore problèmes de ruptures de stock. Transparence et éthique entrent particulièrement en compte dans ce contexte.
  • Seul un Français sur deux considère aujourd’hui que la vaccination présente plus de bénéfices que de risques. Les perceptions varient d’une génération à l’autre : 63 % des 55 – 59 ans s’accordent pour dire que les vaccins sont plus bénéfiques que risqués. Ils ne sont en revanche que 43 % chez les 25 – 34 ans. Les populations doivent accepter l’incertitude de certains traitements (cf. petits effets indésirables en comparaison avec le bénéfice d’un traitement) ce qui suppose un travail de pédagogie
  • L’industrie a su reconnaître sa responsabilité dans certains cas, c’est ce qu’elle pouvait faire de mieux pour tenter de regagner la confiance, mais c’est insuffisant. Une réhabilitation des collaborations publiques/privées est nécessaire au même titre qu’une évolution des règles déontologiques, sans oublier que le secteur du médicament en France est l’un des plus régulé qu’il soit.
  • Le numérique aggrave les rumeurs concernant les laboratoires pharmaceutiques et leur mauvaise image est contagieuse. Cette tendance générale de méfiance se confirme également vis-à-vis d’autres instances de la société. Cette problématique est spécifique à l’usage du médicament : dans la chaîne de responsabilité, les erreurs proviennent parfois de certains patients. L’apprentissage est nécessaire dans la prise d’un traitement. Problématique du repli sur soi des laboratoires pharmaceutiques mais nécessité pour eux de s’exprimer dans la presse et de ne pas subir.
  • Pour Carole AVRIL il faut remettre plus en avant la question de l’accès aux soins des patients et revoir l’ensemble du système de santé.  La co-construction entre les différents acteurs est nécessaire et il est important que les labos pharmaeutiques respectent les valeurs des associations de patients. Citation du colloque « Diabète et innovation : en finir avec le patient alibi » organisée par la Fédération Française des Diabétiques, le 14 novembre journée mondiale du diabète
  • Pour Benoît THIEULIN le digital est incontournable. Il faut prendre en compte les conversations en ligne. Il y a également un devoir d’information du public sur la marge appliquée lors d’un partenariat avec un laboratoire pharmaceutique auquel les bénéfices sont reversés . Pour Grégoire MOUTEL, l’engagement d’un labo est mesurable par rapport aux dons qu’il verse aux associations de patients mais il y a également d’autres indicateurs pertinents.
  • Pour Jean-Yves LECOQ il y a beaucoup de contraintes pour les laboratoires pharmaceutiques et il n’est pas toujours nécessaire de communiquer auprès du grand public. Pour lui, les pétitions sur la vaccination (anti-vaccination) sont irresponsables. Il est favorable aux nécessaires changements des organisations qui fonctionnent encore en silos. Il pose la question du sens de la régulation institutionnelle française au regard de la « transparency international » organisée au niveau des entreprises internationales.
  • Pour André DARMONT, il faut dédiaboliser l’image des labos pharma. A cet effet, la stratégie du numérique est importante de même que la transparence des relations entre les laboratoires pharmaceutiques et les cliniciens
  • Pour Grégoire MOUTEL, les pouvoirs publics doivent reprendre la parole et la ligne politico-médiatique est à revoir. La timeline du web est d’un volume considérable comparé aux volumes de la presse papier. La vérification des faits (fact-checking) sur le web est souhaitable.
  • Pour Jean-Yves LECOQ il ne faut absolument pas fuir les médias et même il faut aller à leur contact, y compris vers Elise Lucet et son émission Cash Investigation

1/ Etudier les partenariats et les projets mis en place par ces derniers pour répondre aux besoins des patients,

2/ Afficher leurs partenariats comme des politiques publiques claires, lisibles et contrôlées,

3/ Montrer et renforcer l’investissement dans la recherche et les sciences humaines, au service du bien-être des patients,

4/ Les considérer comme des acteurs de santé publique concourant à l’intérêt général

5/ Assurer plus de transparence aux données cliniques sur les médicaments,

6/ Clarifier les relations avec les professionnels de santé

3 pistes proposées par Benoît Thieulin pour aider à reconstruire l’image des labos :

1/ Une meilleure connaissance de la conception du médicament (ce qui suppose une meilleure pédagogie auprès du grand public sur la relation entre l’industrie pharmaceutique et les experts)

2/ Un changement nécessaire de la nature même de l’écosystème gouvernement/ industriels/patients

3/ Une reconfiguration de la recherche médicale